« C’est unique en France… » Des chiens formés pour accompagner les victimes de stress post-traumatique

Le Toulousain Benjamin Borg vient de créer la Cape. Cette association se propose de venir en aide aux victimes de stress post-traumatique en leur confiant un chien d’assistance, soit un labrador, soit un golden retriever

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Rio, jeune golden retriever de six mois, est à la fois la mascotte et le chien de démonstration de l'association la Cape. — La Cap

  • L’association la Cape (Chiens d’assistance aux personnes en état de stress post-traumatique) est née en juin dernier. Une première en France, indique son fondateur Benjamin Borg.
  • Le trentenaire toulousain destine les labradors ou golden retrievers aux victimes d’attentats, mais aussi aux militaires, policiers, gendarmes, pompiers et soignants.
  • L’association cherche des financements pour se développer, auprès de partenaires privés, de collectivités locales et de particuliers.

Marin, sapeur-pompier, responsable d’un élevage de chiens guides d’aveugles… A 34 ans, Benjamin Borg a déjà connu plusieurs vies. Mais, aussi diverse et animée soit-elle, l’existence du Toulousain tourne depuis une décennie autour d’une passion au doux regard : le retriever, version labrador ou golden.

L’expérience professionnelle du trentenaire, combinée aux drames qui ont frappé la France ces dernières années, a contribué à la naissance en juin dernier de la Cape : l’association des Chiens d’assistance aux personnes en état de stress post-traumatique. Son objectif : élever, éduquer et remettre gratuitement des chiens, puis assurer leur suivi de l'âge de deux ans jusqu’à la retraite, vers 10 ans.

 

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Benjamin Borg, fondateur de la Cape, et son chien Rio. - Nicolas Stival / 20 Minutes

« La Cape est destinée aux victimes d’attentats, mais aussi aux militaires, et aux policiers, aux gendarmes, aux pompiers ou aux soignants, détaille son fondateur. Cela existe déjà aux Etats-Unis, au Canada et dans quelques pays d’Europe comme l’Irlande, les Pays-Bas ou la Croatie, mais c’est unique en France. »

 

Des exemples éloquents

L’ancien pompier pense par exemple à ce collègue qui, plus de huit ans après, est toujours hanté par ce qu’il a vu au collège-lycée Ozar Hatorah, à la suite de la tuerie perpétrée par Mohamed Merah. Ou encore aux enfants : le solide Haut-Garonnais évoque une étude publiée en 2019, selon laquelle 60 % des enfants qui avaient vécu l’attentat du 14 juillet à Nice, en 2016, souffraient encore de stress post-traumatique. Avec toutes les conséquences que cela implique : troubles sociaux et comportementaux, dépressions voire suicides.

Pendant que son maître dévoile son projet avec fougue dans sa maison située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Toulouse, Rio s’efforce de patienter à ses pieds. L’adorable chiot de six mois est l’un des quatre golden retrievers des lieux, mais aussi la mascotte de la Cape, qui accompagne Benjamin Borg dans ses opérations de communication.

Ses futurs collègues, récupérés à l’âge de deux mois, partiront en famille d’accueil pendant une dizaine de mois, avant d’être formés pendant un an par un éducateur spécialisé qui leur apprendra les « gestes techniques ». Ils pourront alors être certifiés puis confiés à une personne victime de stress post-traumatique.

Le chien peut appuyer sur un bouton

Quels sont ces gestes ? « Quand son maître va avoir des crises d’agoraphobie, de panique ou autres, quand il va commencer à agir avec des séquences répétitives, le chien va venir pousser avec la tête ou gratter avec la patte, détaille le spécialiste, ancien délégué national du Retriever Club de France. Si cela ne suffit pas, il peut appuyer sur un bouton de téléassistance ou aller chercher quelqu’un. Si cela se produit la nuit, le chien va allumer la lumière, chercher des médicaments et si besoin là aussi, appuyer sur un bouton. »

Benjamin Borg se veut très clair. Le labrador ou le golden n’est pas un médicament, ni un psy velu à quatre pattes : « Il vient en complément des traitements. » Les personnes intéressées par une telle assistance sont invitées à se rendre sur le site de la Cape, où leur profil sera étudié avant la remise de l’animal. Il est aussi possible de se porter volontaire comme bénévole ou famille d’accueil, ainsi que de faire un don, car l’argent reste le nerf de la guerre, et un carburant indispensable pour une association dont le trentenaire mûrit la genèse depuis des années.

Il a même repris ses études l’an dernier pour valider un Master 2 de management et administration des entreprises, obtenu avec mention. L’objet de son mémoire, fraîchement rendu : un travail sur la faisabilité du projet de création de la Cape, « validé par [ses] professeurs de la Sorbonne ».

S’il a déjà trouvé quelques partenaires privés, Benjamin Borg continue à prospecter afin de collecter des fonds pour embaucher notamment un éducateur canin l’an prochain. Et faire grandir ensuite son association, car « un chien, c’est 25.000 euros », entre l’achat, l’éducation, les soins, la nourriture…

 

Objectif à moyen terme : 18 bénéficiaires par an

« J’aimerais déjà en remettre un ou deux à des bénéficiaires en 2021, pour arriver assez vite à un rythme annuel de 18. » La Cape restera propriétaire de l’animal, et assurera un suivi régulier jusqu’à sa « quille », vers 10 ans donc… Et ensuite ? « Soit le bénéficiaire l’adopte, soit il est proposé à sa première famille d’accueil ou bien mis à l’adoption, et généralement il y a une liste d’attente assez longue pour l’accueillir. » Après s’être occupé la majeure partie de son existence d’un humain, les rôles seront ainsi inversés pour les vieux jours du chien.

 

Source : 20minutes

Pour accéder à l'article : https://www.20minutes.fr/societe/2925807-20201206-unique-france-chiens-formes-accompagner-victimes-stress-post-traumatique